Période de crise, période de fraudes

Le 8 avril 2021 |

Alors que la crise sanitaire dure depuis plus d’un an, il est important que les entreprises restent vigilantes au risque de fraude, interne ou externe. Les situations de crise créent en effet un terrain propice pour les fraudeurs, notamment parce que les équipes sont mobilisées dans la gestion de l’exceptionnel et moins assidues dans la conduite des contrôles habituels. Voici quelques points à surveiller particulièrement.

La fraude au Président : un classique revisité

Bien connue depuis plusieurs années, cette fraude survient quand un imposteur se fait passer pour un dirigeant de l’entreprise et réussit à convaincre un salarié (généralement de la direction comptable) d’effectuer le paiement d’une forte somme d’argent, dans une affaire présentée comme très urgente et très confidentielle.

Avec le confinement, ce risque de fraude est revenu en force. Les salariés en télétravail y sont plus exposés : isolés à leur domicile, ils sont plus facilement soumis à la pression exercée par le fraudeur et peuvent moins aisément recouper auprès de leurs collègues les affirmations du prétendu dirigeant.

La seule parade face à la force de persuasion des escrocs ? La prévention : il faut impérativement sensibiliser tous les salariés des directions financières et comptables, quel que soit leur niveau hiérarchique. Il faut aussi rappeler aux salariés qu’au moindre doute, ils peuvent et doivent vérifier la réalité des demandes qui leurs sont adressées auprès des bonnes personnes, même si elles sont haut placées et en télétravail à la campagne…

Nouvelles procédures, nouvelles failles

L’un des risques en période de crise, c’est la mise en place dans l’urgence de procédures dérogatoires (autorisations données par téléphone plutôt que par écrit, signataire unique plutôt que double signature, etc.). Ces procédures permettent sur le moment de faciliter la poursuite de l’activité mais, dès que le pic de la crise est passé, il faut rapidement analyser quelles failles de sécurité ces procédures dérogatoires ont pu créer et y remédier.

Il convient en effet garder en tête qu’un employé, un client ou un fournisseur malintentionné saura vite repérer les « opportunités » que la crise crée.

La tentation de dissimuler l’impact négatif de la crise

L’activité de nombreuses entreprises est mise à mal par la crise, venant contrecarrer les prévisions qui avaient été formulées : cela se traduit au niveau du chiffre d’affaires, du résultat ou de différents indicateurs financiers. Certains peuvent alors avoir la tentation de masquer l’effet réel de la crise pour continuer à afficher de bons indicateurs.

Ce risque peut concerner tous les niveaux de l’entreprise : l’opérationnel qui veut conserver le même niveau de rémunération variable, le responsable financier qui cherche à obtenir un financement ou le dirigeant qui surveille son cours de bourse.

Ces dissimulations finissent généralement par être mises à jour : plus tôt elles sont découvertes, plus leurs conséquences seront limitées. L’attention doit donc se porter sur les indicateurs qui restent stables ou anormalement favorables dans un environnement dégradé.

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