Culture data, numérique responsable : peut-on concilier les deux ?

Le 4 octobre 2023 |

À l’heure où la donnée est omniprésente dans les entreprises, celles-ci se trouvent face à un double défi : tirer parti de la puissance de ces données, tout en tenant compte de leur impact environnemental. Comment trouver le juste équilibre ? La sobriété numérique peut-elle être une solution ?

Dans un contexte de transformation numérique, et alors que la technologie ne cesse d’accroître la qualité et la quantité de données disponibles, bon nombre d’entreprises aimeraient y voir un eldorado. « En 2023, la data est devenue un enjeu clé pour toutes les entreprises, quel que soit leur secteur - banque, assurance, industrie, secteur public… La data est partout », constate Florence Sardas, associée membre du comité exécutif de Mazars en France et spécialiste de la transformation et data. « Or, cet outil d’une puissance inouïe nécessite beaucoup de gouvernance et de maîtrise, l’exploitation à l’aveugle de cette data sans gouvernance, sans sobriété, peut s’avérer coûteuse, voire risquée. »

Mais alors que les organisations collectent des quantités astronomiques de données, elles ne sont pas toujours capables de les gérer, ni de les exploiter. Le succès de la transformation data repose aussi sur son adoption large par les utilisateurs, ce qui soulève la question de l’égalité des compétences face au numérique : « La fracture technologique au sein des effectifs est le premier risque pour les organisations. Chaque entreprise a un rôle à jouer pour ne laisser personne sur le bord du chemin. Chez Mazars, cela prend la forme d’une Data School qui permet à tous nos collaborateurs de se former à la data, avec des certifications à la clé pour les niveaux les plus pointus ».

L’urgence d’une approche numérique responsable 

Dans un contexte climatique tendu, les entreprises sont confrontées dans le même temps, à la question de l’empreinte environnementale de leurs usages numériques. « Les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au numérique représentent aujourd’hui 2,5% de l’empreinte carbone nationale. Elles devraient augmenter de 60% d’ici à 2040 », souligne Véronique Beaupère, associée spécialiste en stratégie numérique responsable chez Mazars. « Les entreprises le savent : elles ne peuvent plus se permettre d’en faire abstraction. Preuve que la préoccupation monte, les directions RSE et les DSI s’emparent du sujet ».  

Sans attendre un renforcement de la réglementation autour de l’usage du numérique et de la data, des améliorations réelles sont déjà à portée de main. « Le premier réflexe doit être d’appliquer l’écoconception à l’ensemble des services numériques. Il faut aussi questionner sa politique d’achats, le choix de ses fournisseurs et la méthode d’hébergement des données de l’entreprise. Il est possible de réduire les émissions à tous les échelons de la chaîne de valeur », précise Véronique Beaupère, qui conseille également d’inclure une réflexion sur l’empreinte carbone du matériel informatique, leur fabrication représentant la source principale d’émission de GES.

Less is more : privilégier la qualité à la quantité

Enfin, l’entreprise doit éviter de gaspiller son budget en se jetant dans une course à la nouveauté : « Il est important de sensibiliser à une approche « less is more » . Ce n’est pas parce que des innovations technologiques sont disponibles sur le marché que l’entreprise en a forcément besoin », avertit Florence Sardas, qui rappelle que le recours aux approches SAAS et aux solutions en libre-service, s’avèrent coûteuses sur le long terme. « Mettre en place une culture data dans l’entreprise ne peut se limiter à une simple signature de contrat de prestation de service, cela nécessite beaucoup de stratégie, et l’entreprise ne doit pas hésiter à se faire accompagner. »

Bien monitorés, les moyens dédiés à la data sont proportionnés aux besoins de la structure, permettant une approche plus sobre. Pour Véronique Beaupère, « piloter les ressources numériques crée un bénéfice certain, comme j’ai pu l’observer dans de nombreuses entreprises. Un cercle vertueux peut se mettre en place, car la data permet aussi de mieux piloter l’impact et le reporting des entreprises. Nous sommes dans un momentum très favorable pour conjuguer data et sobriété ».

Article de la série Transformations durables, réalisée par Mazars en partenariat avec La Tribune.  

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