Franchisés, ne négligez pas la préparation de votre retraite ! Par Catherine Hanssen

En tant que propriétaire exploitant de son fonds de commerce, beaucoup croient que les franchisés partent à la retraite « fortune faite ». Si cela a pu être le cas dans le passé, les choses ont changé. D’une part parce que les niveaux de concurren ce entre enseignes aujourd’hui ont fortement réduit les marges, et d’autre part parce qu’il existe en franchise un aléa d’exploitation, ou encore dans la relation avec l’enseigne qui n’en fait pas aucunement une science exacte.

Pour autant, un franchisé a souvent une autre casquette : celle de dirigeant de sa propre structure. Et c’est à ce titre-là, alors même que l’on parle de plus en plus souvent de baisse future des pensions, qu’il se doit de prendre les devants. Explications.

Un départ en retraite s’anticipe suffisamment tôt et implique de s’être posé certaines questions. Les franchisés étant souvent des quadras ou quinquas, ils sont dans la bonne tranche d’âge pour effectuer un bilan retraite car à ce stade, il leur reste entre dix et vingt-cinq ans pour bâtir une stratégie pouvant impacter significativement le montant de leur retraite, pour un coût annuel acceptable. 

Ex-salariés, les franchisés vont changer très souvent de statut pour devenir Travailleurs Non-Salariés, car ils exercent dans la majorité des cas dans le cadre d’une SARL où ils seront majoritaires. Si le régime des TNS est intéressant car les cotisations obligatoires sont inférieures à celles des salariés, il leur accorde néanmoins une moindre couverture. 

NÉCESSITÉ D’UN BILAN RETRAITE OBJECTIF

La reconstitution d’une carrière relève de plusieurs caisses de retraite qui omettent régulièrement une partie du parcours. Des pertes financières parfois significatives peuvent en résulter. Raison de plus de se renseigner régulièrement afin de pouvoir régulariser les omissions, et connaître le montant de ses futures pensions.

Il est alors préférable de s’appuyer sur un expert indépendant, disposant des compétences pluridisciplinaires pour analyser la situation du franchisé dans son ensemble : patrimoine professionnel, et privé, statut du conjoint avec réversion éventuelle, groupe familial, donations déjà faites ou non aux enfants, besoins pour les études des enfants… Son analyse sera neutre, objective, et non motivée par la vente de contrats ou de produits, ou par quelque système de commissionnement que ce soit.

PARMI LES OPTIONS A ETUDIER

En complément du fruit de la revente du fonds de commerce du franchisé à la sortie du contrat, l’étude de la situation particulière des franchisés fait généralement émerger les options suivantes : 

1) Souscription d’un ou plusieurs contrats supplémentaires de type Madelin :

  • Ces contrats octroient au franchisé TNS des garanties supplémentaires. Bénéficier de garanties équivalentes aux salariés lui coûtera au final proportionnellement moins cher qu’à un salarié, car les contrats mis en place reposent uniquement sur la capitalisation et non la répartition propre au Régime Général. A l’échelle d’une franchise le franchisé peut même en souscrire plusieurs,  dans  la limite d’un plafond compris entre 3 et 78 K€ selon la rémunération du dirigeant.

2) Constitution d’un patrimoine immobilier

  • L’idéal pour le franchisé est d‘avoir pu acheter son local commercial afin de le revendre à son successeur dans l’enseigne. Il peut en outre tout à fait investir dans l’immobilier locatif, que ce soit à titre professionnel  ou personnel.

3) Rachat de droits / trimestres

  • Il peut s’avérer judicieux, notamment au cas où le terme du contrat de franchise ne coïncide pas précisément avec la date d’éligibilité à la pension, et en cas de carrière incomplète. Il est cependant important d’étudier sous quelles conditions : en effet le franchisé étant déjà fortement engagé en termes d’endettement, il doit faire attention à ce que ces rachats se fassent via une épargne existante (non gagée/nantie), et  non sur sa trésorerie personnelle. Cette dernière est, en quelque sorte, déjà entrée dans le champ du contrat de prêt qui le lie à son banquier, suite à l’étude de son business plan. 
  • Cette opportunité doit être évaluée dans son ensemble, c’est-à-dire que le coût du rachat doit être mis en regard du gain de la future retraite, en incluant l’économie d’impôt réalisée.

4) Cumul Emploi / Retraite

  • A l’inverse du cas précédent, il se peut que le terme du contrat de franchise survienne après la date d’éligibilité du franchisé à sa retraite. Il lui faudra alors valider le fait de pouvoir toucher sa pension tout en continuant son activité, et pendant combien de temps. 
  • D’une manière générale, il serait dommageable que la survenance de l’âge de la retraite soit un obstacle au choix ou au renouvellement d’un franchisé.

 

L'auteur

Catherine HANSSEN est expert-comptable, senior manager au sein du cabinet Mazars à Strasbourg. Responsable du marché du Commerce Organisé pour la région Alsace, elle accompagne des professionnels en réseau dans des secteurs variés (services à la personne, restauration, distribution). Titulaire de deux certificats sur la retraite et la prévoyance de l’Université Paris Dauphine, elle est également la référente régionale en matière de retraite et de conseil en  prévoyance. 

 

Egalement disponible sur le site du partenaire www.lesechosdelafranchise.com

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