L'open innovation par ceux qui la font

L’innovation bouleverse aujourd’hui tous les modèles économiques. Mais sous quelles formes ? Le modèle industriel classique, fondé sur le secret et la non-transversalité des processus, est maintenant obsolète. Pour créer de nouveaux services, de nouveaux produits et de nouvelles solutions, les entreprises privilégient désormais l’assemblage des idées, des ressources et des expertises de plusieurs acteurs, de nature et de taille différente.

Du Chili à Singapour, et de Paris à Rio, nous avons interviewé ceux qui portent ce mouvement d’open innovation : plus de 30 start-uppers, ainsi que des représentants de grands groupes et des incubateurs. Place à un nouveau paradigme, fondé sur la compétition entre des écosystèmes.

L'innovation se fait souvent à la marge des activités-cœur d'une entreprise, qui n'a pas forcément les ressources nécessaires à l'exploration de nouvelles idées et à la gestion de son activité quotidienne. La solution la plus simple est alors de créer des partenariats et de travailler avec des start-up.

Claire Cizaire - Chief Technology and Innovation Officer, Groupe Mazars

Le terme « open innovation » a été employé pour la première fois dans l’ouvrage éponyme d’Henry Chesbrough*, il y a une quinzaine d’années. Il est, depuis, devenu une forme de slogan. Dans sa définition simple, l’open innovation (innovation ouverte, en français), consiste à appliquer aux processus d’innovation les principes de l’open source, c’est‑à‑dire le partage, les échanges et une large diffusion de l’information. Il s’agit donc de favoriser la coopération entre acteurs économiques, scientifiques, universitaires afin de créer de véritables écosystèmes, d’où naîtront les nouveautés.

L’open innovation est simplement de la coopération, du réseautage, des données partagées. Faire de l’open innovation, c’est être ouvert à la réunion de différentes composantes. C’est réussir à créer le lien entre toutes les composantes de votre écosystème. 

Jacqui Hocking, co-fondatrice de VVS, start-up singapourienne spécialisée dans le storytelling stratégique, en offre une définition résumée.

Sous cet angle, l’open innovation s’oppose donc de manière radicale à l’idée jusque‑là dominante que les entreprises ne devaient compter que sur leurs propres ressources pour créer de la nouveauté. Il n’est pas surprenant, de ce fait, que les premières organisations qui ont décidé de miser sur l’open innovation soient celles qui s’étaient déjà dotées d’une forte culture de plate‑forme; elles ont contacté les start‑ups et commencé à se réorganiser, pour devenir plus flexibles, s’efforcer de suivre le rythme toujours plus rapide des innovations portées par la révolution technologique, et garder un temps d’avance sur leurs concurrents.

Les entreprises doivent s'allier à ceux qui les rendent plus rapides

Autrement dit, au lieu de dresser Goliath contre David, l’open innovation vise à les faire travailler ensemble. À première vue, cela s’apparente à une manifestation de bon sens ; pour autant, on peut aussi considérer que le risque existe de former des alliances contre nature.

Pour Corinne Jouanny, directrice de l’innovation chez Altran, le calcul est cependant simple :

Le time-to-market s’est considérablement réduit, dans tous les secteurs d’activité. Les entreprises doivent donc se transformer et s’allier avec ceux qui leur permettent d’être plus rapides, de casser les silos et les stéréotypes. Aujourd’hui, les certitudes n’existent plus. La valeur réside dans la disruption.

Pour une entreprise, travailler avec une start-up doit répondre à un besoin de changement culturel

En conséquence, et quel que soit le risque, la coopération devient obligatoire. L’enjeu est de la rendre la plus efficace pour tous les acteurs concernés et d’optimiser les chances de réussite.

Il me semble que les grandes entreprises sont encore un peu égoïstes. Elles adorent les start-ups, mais principalement dans leur propre intérêt. Elles les voient surtout comme des prestataires, qui vont les aider à résoudre un problème.

indique toutefois Cédric Maloux, fondateur de StartUp Yard, incubateur basé à Prague.

Gilles Babinet, « champion digital » de la France auprès de l’Union européenne, présente la situation de manière un peu différente :

Pour une entreprise, travailler avec une start-up doit répondre à un besoin de changement culturel et s’inscrire dans une vision à moyen terme.

Mazars, engagé dans l'Open Innovation de multiples manières, de Paris à Singapour

Chez Mazars, nous croyons en la création de valeur partagée, ou en l’interdépendance entre la compétitivité d’une entreprise et le bien-être des communautés auxquelles elle est connectée. À nos yeux, l’open innovation n’est pas uniquement un phénomène qui touche tous les secteurs d’activité ; c’est aussi l’illustration de notre conception du lien écosystémique indissoluble entre les entreprises et la société. Notre secteur d’activité est aussi l’un des plus transformés par la révolution digitale. Pour nous, l’innovation est une priorité stratégique. Nous nous y sommes résolument engagés, en développant des solutions clients adossés au cloud en Asie ou en incubant des start-up à Paris.

Les 30 leaders de l’open innovation que nous avons interrogés sont toutes et tous des parties prenantes de l’écosystème que nous construisons.

Lire l’histoire complète sur: sharedvalue.mazars.com/open

*Chesbrough Henry W. (2003). Open innovation, Boston, Massachusetts, Harvard Business School Press.

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