L’émergence de la 5G : le champ des possibles pour l’industrie automobile

En quoi la 5G sera-t-elle capitale pour l’écosystème automobile ? Vers une évolution des usages ? Quelles relations vont être nouées entre les opérateurs de télécommunications et ces futurs « acteurs de mobilité » ? Retrouvez les réponses à ces questions dans cet article !

En quoi la 5G sera-t-elle capitale pour l’écosystème automobile ?

L’industrie automobile connaît de profondes et massives mutations : évolution de la propriété vers une mobilité partagée, du tout pétrole vers de nouvelles énergies (électrique et hydrogène essentiellement), passage d’un rôle initial de constructeur et distributeur, vers celui de prestataire de service etc. L’émergence de la 5G, et son intégration à l’industrie automobile catalysera une évolution majeure : l’accélération de la voiture connectée et autonome. Si cette dernière nécessite encore de nombreux développements technologiques, la 5G, plus que prometteuse, fait partie des axes de développements technologiques prioritaires des acteurs du secteur.

Aujourd’hui en phase d’expérimentation, et sur toutes les lèvres, l’appropriation et l’intégration de la 5G par les constructeurs et les équipementiers devraient largement booster le niveau d’automatisation des véhicules, potentiellement jusqu’au 5ème niveau : celui de la voiture sans conducteur, qui nécessitera que les véhicules puissent communiquer réciproquement, communiquer avec leur environnement (carrefours, feux tricolores, signalisation, ville, capteurs, autoroutes etc.), identifier les usagers vulnérables (piétons, cyclistes), sans interruption et ce afin de garantir la sécurité de circulation. Imaginez des feux tricolores communiquant aux voitures l’imminence de leur changement de couleur, ou bien un véhicule prévenant son environnement qu’il va devoir effectuer un freinage d’urgence… Autant d’informations à traiter et croiser en permanence. On s’attend à ce que la 5G tende à offrir ce niveau de fiabilité, et permette de tels échanges et prises de décisions rapides. C’est inévitablement une multiplicité de nouveaux flux de données, qui aura de nombreuses conséquences sur les acteurs du secteur, les mettant en face de nouvelles problématiques telles que la maîtrise de ces flux, le traitement de cette manne de data, sa sécurisation, l’adaptation des moyens industriels, l’identification et le développement des compétences, l’attraction et la rétention des talents etc.

5G et automobile : vers une révolution des usages ?

Les voitures autonomes révolutionnent non seulement l’expérience utilisateur, mais elles transforment également le business model des constructeurs et équipementiers automobiles. N’ayant plus à se concentrer en permanence sur la route, les automobilistes dégagent du temps pour s’adonner à leurs divertissements, interactions sociales, ou tâches professionnelles. Fondamentalement, la voiture devient un équipement de communication de plus, comme un smartphone ou une tablette. La 5G devient alors un facteur clé de l’évolution du business model d’entreprise et nous nous attendons à ce que cette dernière donne une accélération significative vers le modèle de « mobilité en tant que service ». La différentiation concurrentielle se jouera désormais à qui proposera l’« expérience de mobilité » la plus agréable, la plus intégrée, la moins dérangeante. Considérables sources de nouvelles opportunités pour les acteurs automobiles, cette diversification soulève également des aspects de sécurité du « passager » et l’éventuelle nocivité de la 5G. En parallèle, « la 5G permettra demain l’émergence de plateformes réagençant en temps réel les chaînes de production automobile, capables de créer des modèles à la demande » (Etude Institut Montaigne 2019 : L’Europe et la 5G, passons la cinquième !) ce qui obligera les acteurs de l’industrie automobile à connecter encore plus finement demande et production quasiment en temps réel grâce à l’émergence de moyens de production mutualisés, plus flexibles et plus réactifs pour se différencier et survivre dans cet environnement de concurrence accrue.

Et si l’on va plus loin ? Conduire et piloter, à distance et de manière virtuelle depuis un poste de pilotage ? Bouygues Télécom a déjà testé tout dernièrement des voitures radiocommandées à distance, dont les faibles délais de latence sont très prometteurs. Quant au marché du gaming et aux possibilités de virtualisation de l’offre, c’est pour eux également, un boulevard de possibilités

Quelles relations vont être nouées entre les opérateurs de télécommunications et ces futures « acteurs de mobilité » ?

Sans connectivité : pas de véhicule autonome. Aussi les constructeurs et équipementiers doivent indiscutablement embarquer dans leurs R&D les opérateurs de télécom et initier entre eux une étroite collaboration. C’est l’objectif de la 5G Automotive Association (5GAA) qui regroupe de nombreux constructeurs (Renault, PSA, Volkswagen, Ford, Volvo, Nissan…), opérateurs télécom (Huawei, Ericsson, Nokia..) et équipementiers (Bosch, Continental), dans un programme d’innovations conjointes et d’expérimentations. Coopérer afin de développer des solutions et encadrer par des normes communes suppose de trouver un langage commun à tous ces acteurs, ce qui représente un réel défi, au-delà des enjeux concurrentiels qui s’accentueront en parallèles.

Mutualiser oui, mais demeurent les questions des dangers présumés liés au déploiement de cette technologie : d’une part la question de la nocivité sur la santé et sur l’environnement, mais également celle des enjeux de cybersécurité et de surveillance. Pour le premier point, il relève du rôle de l’ANFR (Agence nationale des fréquences) de parer et prévenir, en contrôlant et encadrant les niveaux d’émissions d’ondes, qui doivent ainsi rester dans un cadre strictement réglementaire, garantissant des limites 50 fois inférieures aux moyennes de risques pour la santé. Pour ce qui concerne la sécurité, la question du risque se pose évidemment, corollaire des interconnexions et des mutualisations de réseaux, et s’amplifiera nécessairement. Sera-t-il possible pour un équipementier d’espionner les données transitant par ses composants, ou même de couper le réseau à distance ? Comme pour les environnement 3 et 4G, ces derniers devront être homologués par l’ANSSI (Agence Nationale des Systèmes d’information), passage obligé qui devrait rassurer les décideurs et organisations.

Grégory Derouet et Christian Back, Associés en charge du Secteur Automobile Groupe, Mazars

Sources :

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