Le bonheur au travail

Ce thème est sur tous les journaux et dans toutes les bouches. Alors au lieu d’apporter ma touche au sujet de l’ergonomie des bureaux, de l’impact des plantes vertes et de la luminothérapie sur le bien être au travail… je me suis demandée pourquoi un tel engouement pour cette thématique ?

Pourquoi travailler ?

Notre société est tournée vers le bonheur… quel être humain ne l’est pas d’ailleurs ? Saviez-vous d’ailleurs que 88% des salariés français se disent « heureux au travail » (enquête Ipsos, mai 2014). Loin de moi l’idée de revenir à l’époque de travail /famille /patrie où le devoir est la valeur suprême, mais je m’interroge sur le sens que l’on donne au travail aujourd’hui. En effet, la première question à ce sujet est bien souvent « combien tu gagnes » plutôt que « qu’est-ce que tu fais ».

Alors le bonheur au travail se résume t’il au montant du chèque à la fin du mois ? Ça ne colle pas, les premiers critères de recherche pour un candidat sur le marché du travail, c’est l’intérêt du poste et la reconnaissance pour 96% d’entre eux, bien avant le salaire qui est cité que dans 90% des cas (étude Opinion Way, mars 2014, "Ce qu’attendent les candidats au moment du recrutement").

Bref, la qualité du cadre de travail ou le niveau de rémunération ne font pas le bonheur à mon sens ; ils y contribuent très certainement, mais nous avons perdu le sens du travail. Avec les révolutions industrielles et le Taylorisme, la taille des entreprises a augmenté, les salariés se sont spécialisés, le travail est devenu une marchandise… et on a perdu de vue l’essentiel : la place de chacun au sein d’un collectif.

Pourquoi va-t-on travailler ?

Le sens premier du travail c’est la contribution et il me semble que c’est elle précisément qui donne du bonheur. Dans une start-up ou une PME, le dirigeant transmet une ambition collective et attribue un rôle à chacun pour l’atteindre. Il ou elle pose le cadre puis encourage les initiatives, libère les énergies… tout en rappelant leurs responsabilités aux membres de l’équipe.

  

C’est également son rôle de fêter les succès collectifs et de valoriser les individus qui y ont le plus fortement contribué. Dans une entreprise à taille humaine, il est donc très facile de mesurer l’impact de ses actions et toucher du doigt la valeur de sa contribution.

Chaque entreprise entretien sa propre culture : ses valeurs, ses objectifs, ses rituels, son rythme... Le collaborateur est donc également responsable de son bonheur en choisissant de manière réfléchie l’entreprise ou le projet dans lequel il s’inscrit. J’adore le premier sens du terme « collaborateur », il désigne une « personne qui travaille avec quelqu'un d'autre à une entreprise commune ». Incluant aussi bien l associé, le salarié, le partenaire, ou le freelance… il autorise à penser la collaboration sous d’autres formes que celles classiques qui opposent patrons et salariés.

Tous ensemble dans le même bateau vers des horizons nouveaux

Peut-être que l’engouement au sujet du bonheur au travail vient du fait qu’il n’y a plus assez d’argent dans les caisses (de l’état, des entreprises et des particuliers…) ? Selon le récent baromètre de Sofinco, les Français estiment qu'il leur manque 578 euros par mois en moyenne pour vivre correctement. Bref, grâce à la stagnation des salaires, l’étalon de mesure ne peut plus être le nombre de grille pains ou d’iPhones que l’on peut s’acheter avec.

Et c’est une bonne nouvelle. D'autant plus que la recherche d’un épanouissement personnel par le travail, mène vers de meilleurs résultats collectifs. Je crois que les organisations à taille humaine, grâce à la dimension de partage et leur souplesse, sont les plus aptes à donner ce sens au travail de leurs collaborateurs… Et c’est bien ce dont nos sociétés ont besoin pour forger les modèles de demain.

Par Claire VINCHON, fondatrice de Small iz Beautiful

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