3 questions à David Marciano, Président de l’AOTA et co-fondateur de l’opérateur Adenis

Impact du télétravail de masse sur les opérateurs télécoms, état des réseaux utilisés par les entreprises et les particuliers… David Marciano, Président de l’AOTA (Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs) et co-fondateur de l’opérateur Adenis, nous propose de faire le point sur la situation, une semaine après le début du confinement.

Les mesures de confinement liées à la propagation du Covid-19 ont-elles un impact sur les opérateurs télécoms ?

La situation actuelle impacte tous les acteurs du numérique et tout particulièrement les opérateurs télécoms, qu’il s’agisse des opérateurs historiques ou alternatifs. En effet, qui dit confinement dit changement de nos habitudes de communication et notamment télétravail.

Si les opérateurs télécoms sont directement touchés par cette crise, c’est parce qu’ils sont au cœur même des systèmes de communication, à la fois au niveau de la voix (réseau téléphonique standard) et de la data (Internet).

Du fait du télétravail massif, la presse évoque une saturation des réseaux télécoms qui inquiète. Qu’en est-il réellement pour les entreprises et les particuliers ?

C’est faux, les réseaux ne sont pas saturés : la notion de saturation a été utilisée à tort et la situation exagérée. Pour schématiser, le trafic Internet est constitué de trois points : les points de « collecte » au niveau local, les réseaux longue distance (principalement en fibre optique) et les cœurs de réseaux.

Si l’on peut effectivement faire état de certains goulots d’étranglement, cela reste extrêmement localisé et ne concerne qu’une poignée de régions. En ce qui concerne les réseaux longue distance, tout est assez fluide, ils sont même surdimensionnés pour quelques années encore. Enfin, les cœurs de réseaux, principalement situés dans les grands points de raccordement entre opérateurs (à Paris, Marseille et Lyon), semblent eux aussi fluides si l’on se réfère aux dernières observations de mes confrères.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les réseaux grand public sont calibrés pour tenir cette charge. De légers ralentissements restent possibles sur certains trafics gourmands, à l’instar du streaming (Netflix, Youtube…), qui peut pâtir de cette intensification d’usage. La bande passante délivrée à cet effet restant à la discrétion de chaque opérateur.

Quant aux réseaux utilisés par les entreprises, ils sont très largement capables de supporter cette charge. Soulignons toutefois qu’au-delà de la capacité du réseau, c’est la capacité des serveurs des entreprises qui permet d’encaisser la charge du télétravail : si les serveurs ne sont pas calibrés, le débit sera mauvais.

Concernant Internet, la situation semble donc maîtrisée. Qu’en est-il du réseau téléphonique standard ?

Côté réseau téléphonique, le trafic a doublé au cours des derniers jours et subi quelques dégradations. Concrètement, certains utilisateurs ont pu observer une baisse de la qualité de la voix, mais les opérateurs sont intervenus depuis et tout semble sous contrôle.

Rappelons que depuis quelques années, une partie de la voix est passée en IP, donc dans les tuyaux de la data qui, elle, s’écoule correctement : c’est donc plutôt une bonne nouvelle. D’autre part, certaines entreprises ont découvert l’usage et les avantages du Centrex (standard téléphonique hébergé), qui permet des usages plus flexibles du télétravail.

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